C’est une réalité : les travailleurs indépendants sont de plus en plus nombreux sur le marché du travail. Face à cette situation, Etat et entreprises n’ont pas le choix : elles doivent s’adapter.

En France, la structure du marché du travail est en pleine évolution : Accenture évalue à 2,8 millions le nombre de personnes qui exercent leur métier de façon indépendante. Le cabinet McKinsey place lui la barre à 13 millions. Quel que soit le chiffre, le travail indépendant est en plein boom, notamment poussé par les nouvelles technologies. Ce mouvement concerne qui plus est l’ensemble des générations.

Cette tendance et cette progression, relativement récentes en France, mais très avancées dans d’autres pays, sont consécutives d’une démocratisation de la culture du travail nomade, d’une spécialisation plus poussée des individus, d’une aspiration pour plus de liberté et de changement, et d’un besoin de flexibilité exprimé par les entreprises. L’essor de nouvelles plateformes de mise en relation entre entreprises et indépendant vient accélérer et renforcer ce mouvement. Les entreprises sont régulièrement confrontées à des variations d’activité ou des imprévus : pour y faire face, elles doivent être à même de faire appel ponctuellement à des talents.Le travail indépendant, correctement encadré, répond à ce besoin.

Une nouvelle donne sociale pour les travailleurs indépendants

Cette flexibilité est nécessaire pour les entreprises comme pour les individus. Les premières pour absorber sans difficulté des variations de leur activité, les seconds pour s’épanouir, multiplier les opportunités et valoriser au mieux leurs compétences.

L’enjeu pour les autorités est important : un écosystème sain, viable et pérenne doit être offert à ces nouveaux travailleurs. C’est une condition nécessaire pour leur permettre un accès au logement, au financement, aux soins, à la formation, semblable à celui proposé aux autres travailleurs. Donner aux indépendants des droits équivalents est essentiel et permettra d’éviter la création d’une forme de travail inférieure.